De
son vrai nom Garnik Zouloumian, Jean Carzou est un peintre,
graveur et décorateur français d'origine arménienne.
Né à Alep (Syrie) le 1er janvier 1907 et mort
à Périgueux (Dordogne) le 12 août 2000.
Après une longue carrière de peintre, graveur
et décorateur de théâtre, il s'était
lancé, âgé déjà de 83 ans,
dans une gigantesque Apocalypse dont il avait paré
les murs de l'église de la Présentation à
Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). Non pas l'illustration
littérale de l'Apocalypse de Saint-Jean, mais «
le climat de notre époque » peuplée d'horizons
dévastés, de navires embrumés, de rails
enchevêtrés et de blockhaus traduisant sa hantise
de la guerre et de l'holocauste. Il y a notamment réalisé
un superbe portrait de femme-arbre au visage de Madone, délivrant
au monde un message d'éternelle humanité.
Il rejoint Paris pour des études d'architecture alors
qu'il rêve des Beaux-Arts et du Prix de Rome.
À l'approche des années 1930, il « fait
des ronds, des carrés » dans son atelier de la
rue des Plantes à Montparnasse. Il vivote grâce
à ses caricatures d'hommes politiques publiées
dans la presse et à ses dessins sur tissus. Il peint
« loin des écoles », faisant l'expérience
nécessaire à l'aboutissement de ses personnages
de « peintre-artisan » comme il se nomme.
Un musée porte son nom à Dinard. En 1938, il
organise plus de cent expositions particulières de
ses œuvres à Paris, en province et à l'étranger.
Puis il participe à plusieurs expositions officielles
organisées par la France hors d'Europe, et reçoit
le prestigieux Prix Hallmark en 1949.
Carzou ne se contente pas de peindre des toiles bleues et
singulières. Il enchâsse ses tableaux et ses
aquarelles dans des médaillons de velours ou de papiers
dentelés. À certains critiques d'art qui le
qualifient de « décorateur », il lance
« vous aurez de la peinture mais aussi du théâtre
». En 1952, sa réalisation du décor et
des costumes des Indes galantes de Jean-Philippe Rameau à
l'Opéra national de Paris le révèle au
grand public. Il enchaîne avec Le Loup (1953) pour les
Ballets de Roland Petit. Giselle (1954) et Athalie (1955)
ravissent les spectateurs de l'Opéra et de la Comédie-Française.
En 1977, Carzou dessine lui-même son costume et son
épée d'académicien avant de faire son
entrée à l'Institut des Beaux-Arts. Pourfendeur
du laxisme de la société moderne en général,
et du cubisme en particulier, il estime que Picasso est «
une personnalité qui ne fait pas de la peinture ».
Seuls Claude Lorrain, Watteau et Dali sont, selon lui, «
de grands peintres ». Il achète aussi des œuvres
de ses collègues peintres figuratifs, et notamment
de Maurice Boitel à la galerie Drouet, Faubourg Saint-Honoré,
au début des années 1980.
Auteur d'une importante œuvre lithographique (Les Illuminations
de Rimbaud) et de tapisseries, décorateur de chapelle
de l'église du couvent de Manosque devenue Fondation
Carzou en 1991, l'artiste a vu son œuvre consacrée
en 1995, à Dinard (Ille-et-Vilaine), avec l'ouverture
d'un musée à son nom.
Père du réalisateur Jean-Marie Carzou, grand-père
de l'écrivain et journaliste Louis Carzou, Jean Carzou
était veuf de Nane depuis 1998. Il était Officier
de la Légion d'honneur, Commandeur de l'Ordre national
du Mérite et Commandeur de l'Ordre des Arts et des
Lettres.
Il est décédé le 12 août 2000 à
Périgueux, à l'âge de 93 ans, après
avoir acquis une renommée internationale. La France,
la Grande-Bretagne, les États-Unis, l'Égypte,
le Japon ont accueilli plusieurs de ses expositions d'encres,
de crayons, de gouaches ou de pastels étranges.
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